mai 18, 2007

LE DIRIGEANT DE FRAPH SE DIT PRÊT DE FAIRE FACE À LA JUSTICE HAITIENNE

Toto Constant ignore les graves accusations portées contre lui
Il se dit prêt à revenir en Haïti



Le sort de l'ex-leader du FRAPH oscille désormais entre une lourde peine de prison aux Etats-Unis pour fraude immobilière et la déportation vers Haïti. dans la foulé, il dit ignorer les graves accusations portées à son actif.

L'ancien numéro un du Front pour l'avancement et le progrès haïtien (FRAPH), Emmanuel "Toto" Constant, 50 ans, accusé de graves violations des droits humains, s'est déclaré mardi disposé à revenir en Haïti si la justice américaine ordonnait sa déportation, rapporte l'Associated Press.

"Je n'ai pas peur d'être déporté en Haïti", a affirmé sur un ton de défi l'ex-leader de l'organisation paramilitaire qui se trouvait à la Cour Suprême de Brooklyn (New York) où il attendait son verdict dans le cadre de son procès pour une affaire de fraude immobilière portant sur 1,7 million de dollars.

Intervenant à la barre après avoir sollicité la parole, Emmanuel Constant a fait valoir que toutes les accusations portées contre lui en Haïti étaient "purement politiques" et qu'il n'y avait pas matière à procès".

Des avocats de l'Etat de New York et du gouvernement fédéral ont demandé au juge en charge du dossier, Abraham Gerges, de condamner l'ex-dirigeant du FRAPH à une peine équivalant au temps qu'il a déjà passé en prison -dix mois environ- afin d'accélérer le processus de déportation. Un verdict d'un an à trois ans était jusqu'ici proposé. Le gouvernement haïtien a "clairement démontré" qu'il peut garantir un procès équitable à l'ancien homme fort, a estimé Ajay Bhatt, un avocat du département de la sécurité intérieure (Homeland Security).

Cependant, le magistrat a dû reporter son verdict après que le centre des droits constitutionnels ait averti que la situation restait trop instable en Haïti pour empêcher Emmanuel Constant d'échapper à la justice ou de s'évader de prison. Le groupe américain des droits civils a aussi relevé que la sentence qui devait être prononcée par le tribunal de New York refléterait un arrangement beaucoup trop clément, car la fraude immobilière reprochée à M. Constant est extrêmement grave.

Le juge Abraham Gerges a suggéré qu'il pourrait annuler l'arrangement portant sur la déportation, contraignant ainsi Emmanuel Constant à renoncer à plaider coupable et à accepter d'être jugé pour son implication présumée dans une fraude gigantesque contre la Sun Trust Bank. S'il est déclaré coupable, l'ex-leader du FRAPH sera passible d'une peine allant de 5 à 15 ans de prison ferme.

Une nouvelle audience est prévue lundi prochain.

Un ordre de déportation fut émis en 1995 à l'encontre d'Emmanuel Constant, mais il n'avait jamais été exécuté en raison de l'instabilité politique qui régnait en Haïti.

Edwin Palermo, l'un des avocats de l'ancien chaud supporter du sanglant coup d'Etat militaire de 1991, qui avait renversé Jean-Bertrand Aristide, a révélé à la presse avoir reçu le 7 mai dernier une lettre du département de liberté conditionnelle l'informant de la libération prochaine de son client, mais avec des risques de déportation.

"Je ne peux pas donner une réponse avant de connaître la décision de M. Constant", a indiqué l'avocat qui tenait à discuter avec l'intéressé de son éventuel retour en Haïti auquel les services d'immigration des Etats-Unis semblent favorables.

Entre 1991 et 1994, le Front pour l'avancement et le progrès haïtiens et les collaborateurs civils et militaires du régime de facto, alors en place à Port-au-Prince, auraient commis de nombreux crimes de sang. Réfugié aux Etats-Unis depuis le rétablissement, en 1994, de l'ordre constitutionnel, Emmanuel "Toto" Constant est accusé d'avoir perpétré ou cautionné des crimes contre l'humanité allant de l'exécution à la torture en passant par le viol collectif de femmes et de mineures.

Condamné par un tribunal américain à payer 19 millions de dollars à des victimes, Constant avait malgré tout continué à jouir d'une totale impunité.

Le résident du comté de Queens a été finalement arrêté en été 2006 pour avoir violé, à travers des activités de faussaire, la législation américaine sur les transactions immobilières.


Source : Radio Kiskeya

APPEL POUR LA REPRISE DE L'ÉMISSION DES CARTES D'IDENTITÉ

Appel pressant pour la reprise de l'émission de la Carte d'Identification Nationale (CIN)

A quelques jours de la célébration du 18 mai, jour du drapeau, symbole d'appartenance à un État, le GARR lance un pressant appel aux autorités haïtiennes pour la reprise de l'émission des Cartes d'identification nationale (CIN).

Il rappelle que le fait de priver de nombreux citoyens et citoyennes d'un document que seul l'État a la responsabilité de délivrer, constitue une violation de leur droit à l'identification et un encouragement à la préparation de faux documents par des «racketteurs».

Dès la sortie du décret de juillet 2005 créant la Carte d'Identification Nationale (CIN) et l'Office National d'Identification (ONI), la Direction Générale des Impôts (DGI) a arrêté l'émission de la carte d'identité fiscale.

Cette décision a été prise sous prétexte que cette responsabilité incombait désormais à l'ONI, alors que cette institution nouvellement créée n'était pas encore organisée. Depuis, aucune institution ne délivre de carte d'identité. Une situation qui crée beaucoup de difficultés à des milliers de citoyens et citoyennes nécessitant un papier d'identité avec photo pour effectuer des transactions financières ou s'identifier.

Malgré l'annonce de la relance du processus de délivrance de la CIN au cours du mois d'avril 2007, aucune action concrète n'est entreprise jusqu'à date ; alors que ce même État qui omet d'identifier ses citoyens/citoyennes continue d'exiger des pièces pour fournir certains services tels que la délivrance d'un passeport.

Il est regrettable que l'État haïtien n'ait pas prévu des mécanismes de transaction fonctionnels pour éviter l'interruption de la livraison de documents d'identité qu'il est le seul habilité, légalement, à délivrer.

Le GARR signale aussi que ce problème d'accès à une carte d'identification se pose également pour les Haïtiens, Haïtiennes vivant à l'étranger, spécialement ceux et celles qui se trouvent en République dominicaine et qui ont grand besoin d'un papier d'identité pour accéder aux services sociaux de base ou faire enregistrer leurs enfants nés sur ce territoire.

En l'occurrence, il y a lieu de se questionner sur le respect des droits de la population haïtienne à l'identité et à la nationalité, garantis respectivement par la Déclaration universelle des droits de l'homme, la Déclaration des Amériques sur les droits et les devoirs de l'homme, le Pacte international des droits civils et politiques, la Convention interaméricaine des droits humains, la Convention internationale pour l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes, la Convention internationale pour la protection des droits des Travailleurs- migrants et la Convention internationale pour la réduction des cas d'apatride.

Rappelons que bon nombre de ces conventions et protocoles ont été signés et ratifiés par Haïti.

Dans un communiqué conjoint paru le 22 mars 2007, un groupe d'organisations incluant la Commission nationale Justice et Paix (JILAP), Haïti solidarité internationale (HSI), le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) et le GARR avaient demandé au gouvernement haïtien de prendre des dispositions pour faciliter l'enregistrement et l'identification des Haïtiens et Haïtiennes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, particulièrement ceux et celles vivant en République dominicaine.
Encore une fois, le GARR exhorte les autorités gouvernementales, particulièrement la Commission interministérielle travaillant sur la réforme de l'état civil, à :
- prendre des dispositions pour la relance du processus de délivrance de la Carte d'Identification nationale (CIN) ;
- établir des mécanismes clairs pour l'identification des citoyens/citoyennes pendant la transition vers la CIN ;
- faciliter aux Haïtiens vivant à l'étranger, spécialement ceux et celles qui se trouvent en République dominicaine, l'accès à la CIN.

Lisane André
Responsable
Section Communication et Plaidoyer

LA PROTECTION DE NOS ENFANTS PAR LES AUTORITÉS PUBLIQUES

Haïti se dote d'instruments juridiques pour défendre les enfants


Deux conventions internationales - l'une sur l'âge minimum adoptée en 1973 et l'autre sur les pires formes de travail des enfants adoptée en 1999 - ont été ratifiées à l'unanimité en début de semaine par les sénateurs et députés réunis en Assemblée nationale. Un geste salué par plusieurs secteurs du pays. Zoom sur la convention de l'OIT.


La ratification de la convention sur l'âge minimum est saluée par diverses personnalités travaillant dans le domaine de l'enfance. « Haïti fait un pas dans la bonne direction. Ainsi, le pays se lance dans la lutte pour la protection des droits des enfants», a lâché le député de Ouanaminthe, Joseph Saintilma, président de la Commission des droits des enfants à la Chambre basse. Il félicite ses collègues parlementaires qui ont ratifié la convention à l'unanimité. Il exhorte le gouvernement à soumettre rapidement aux deux Chambres des projets de loi pouvant interpréter et renforcer ladite convention.

« C'est un pas positif qui vient d'être franchi dans la longue lutte pour faire respecter les droits des enfants haïtiens. Nous saluons le gouvernement et le Parlement pour la ratification de la convention », a indiqué pour sa part Alix Jean, secrétaire administratif à la Coalition haïtienne de défense des droits de l'enfant (COHADDE).

Jean Alix invite, par ailleurs, les autorités gouvernementales à renforcer les institutions étatiques œuvrant dans le domaine de l'enfance. Il promet l'appui de sa coalition à toute initiative visant à assurer le bien-être des enfants du pays. Aussi plaide-t-il en faveur d'un véritable partenariat entre l'État et la société civile pour une meilleure protection des jeunes Haïtiens.

Le ministre des Affaires sociales et du Travail, Gérald Germain, a lui aussi laissé éclater sa joie après la ratification de la convention de l'OIT. « Je suis très content de voir ratifier à l'unanimité la convention sur l'âge minimum déposée au Parlement. Cela témoigne de la volonté des parlementaires de protéger les intérêts de nos enfants. »

« Le renforcement de la capacité du ministère à travers ses différentes institutions, l'inspection des entreprises employant des enfants », sont autant de mesures annoncées par le ministre Germain afin de faire respecter toutes les lois ayant rapport au travail des enfants.





Adoptée en juin 1973 à Genève par l'Organisation internationale du travail (OIT), la Convention sur l'âge minimum fait obligation aux États d'abolir effectivement le travail des enfants. Les États ont aussi la responsabilité d'élever l'âge minimum d'admission à l'emploi à un niveau ne remettant pas en cause le développement physique et mental des enfants.

Le document laisse à chaque pays où le document est en vigueur la liberté de fixer l'âge minimum de travail des enfants vivant sur son territoire. « Une fois l'âge minimum de travail fixé, aucune personne d'un âge inférieur ne devra être admise à l'emploi ou au travail dans une profession quelconque », stipule le document en son article II. Une autre mise en garde est lancée aux pays signataires dans l'alinéa 3 de ce même article : « L'âge minimum du travail des enfants ne devra pas être inférieur à l'âge auquel cesse la scolarité obligatoire, ni en tout cas à quinze ans. »

La convention de l'OIT protège aussi les adolescents contre tout type d'emploi ou de travail pouvant avoir des conséquences néfastes sur leur santé, leur moralité ou leur sécurité. « L'âge minimum d'admission à tout type d'emploi ou de travail qui, par sa nature ou les conditions dans lesquelles il s'exerce, est susceptible de compromettre la santé, la sécurité ou la moralité des adolescents ne devra pas être inférieur à dix-huit ans », lit-on dans l'alinéa 1 de l'article III du document.

En Haïti, le Code du travail fixe à 15 ans l'âge minimum de travail des enfants.

Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste

MESSAGE DU MINISTRE DE L'ÉDUCATION À L'OCCASION DE LA FÊTE DU DRAPEAU...

Message du ministre Gabriel Bien-Aimé




Chers enseignantes et enseignants,

En ce jour spécial qui vous est consacré au niveau national, je saisis l'opportunité pour saluer le travail combien admirable et noble que vous accomplissez tous les jours auprès de nos jeunes. Ce geste d'encadrement quotidien de nos enfants, en vérité, n'a pas de prix. Qui peut mesurer, en effet, l'importance des acquis scolaires dans l'avenir d'une société ? Qui peut quantifier avec précision l'impact des savoirs transmis à l'école dans la formation du citoyen ?
Cela prend d'autant plus d'ampleur aujourd'hui à l'heure de la société du savoir à l'aube de ce 21e siècle.

Infatigables travailleurs de l'éducation,

Vous êtes la cheville ouvrière des grands combats à mener pour le développement durable de cette société qui passe nécessairement par l'éducation. Il nous faut vaincre l'analphabétisme, parvenir à cette éducation de qualité, accessible à toutes et à tous, conformément aux engagements pris par notre pays à Dakar. L'objectif de 2015 ne saurait être renvoyé à plus tard. En cela, le MENFP compte énormément sur votre appui, votre disponibilité pour réussir ce pari. L'éducation pour tous est l'affaire de tous, spécialement de vous, enseignantes et enseignants.

Chers enseignantes et enseignants, partenaires du ministère,

Je me réjouis de l'esprit d'ouverture qui caractérise nos rapports avec les organisations enseignantes. Ceci est fondamental pour le travail en profondeur à opérer pour la réforme du système éducatif notamment la mise en place du Nouveau secondaire, la consolidation du 3e cycle de l'école fondamentale, la réorganisation des examens d'Etat, la lutte contre la corruption et l'absentéisme des profs etc. Tous ces éléments exigent un consensus entre tous les acteurs, particulièrement de vous, enseignantes et enseignants, qui ont un rôle de premier plan à jouer. Il est clair, en effet, que si la profession enseignante jouit d'une grande noblesse et d'un grand respect dans la société, les comportements tendancieux de certains collègues laissent à désirer et ne sauraient être tolérés par d'autres.

Anseyant ak anseyan,

Tankou mwen te di l nan plizyè okazyon, nou se poto mitan pou chanjman ki dwe fèt nan sosyete a pou yon lòt Ayiti tou nèf kote respè youn pou lòt, tolerans, tèt ansanm, dyalòg elatriye se prensib ki dwe gide nou chak jou e bay lekzanp sa yo a timoun yo.

Nan sans sa, mwen profite lanse yon apèl bay tout anseyant ak anseyan pou nou pi veyatif sou edikasyon sivik timoun yo. An n pote kole pou nou resoude nou, ede timoun yo retrouve idantite
yo, komprann ki kote yo sòti, fè edikasyon yo pou yo wè klè vyolans, chen manje chen, pap mennen nou ankenn kote. Se wòl nou chak nan sosyete pou nou travay pou sa, sitou ou menm anseyan.


Anseyant ak anseyan,

Ministè konnen gen anpil jefò ki pou fèt pou amelyore kondisyon travay ak lavi nou. Sa pap ka fèt nan yon jou. Men si nou mete men ansanm, n ap rive piti koulye amelyore kondisyon anseyant ak anseyan yo. Tankou nou te pwomèt li e sa rive fèt, nou rive regilarize estati anpil anseyan e fè yo jwenn chèk yo. Travay la pa fini. Nap kontinye travay pi rèd pou nou kontinye satisfè yo paske yo merite sa, yo travay pou sa e yo merite plis toujou. Ansanm ansanm, mwen mande òganizasyon anseyan yo pou nou kontinye bay lebra pou nou chanje figi sistèm edikatif la nan benefis tout timoun nou yo.

Nan non paran yo, nan non responsab lekòl yo, nan non tout ajan edikatif yo, nan non tout timoun yo, nan non tout gouvenman an espesyalman Prezidan an ak Premye Minis la mwen di nou mèsi pou tout sèvis nou rann peyi a e pou tout sa nap kontinye fè toujou. Mèsi anpil. Mwen di nou tou bòn fèt anseyant ak anseyan yo.

Mèsi.

LA TRIBULATION DES VOYAGEURS CLANDESTINS HAITIENS...

Plus de peur que de mal

Les 137 voyageurs clandestins haïtiens qu'on croyait disparus en mer en avril dernier ont pu rejoindre sains et saufs l'archipel des Bahamas, a-t-on appris de sources concordantes. Issus du Nord-Ouest et du Nord, ces compatriotes étaient partis de l'île de La Tortue à bord d'une embarcation de fortune. « Ils essayaient d'atteindre les côtes de la Floride », a révélé Marc Antoine François, député de la circonscription de La Tortue.

La disparition de ce navire avait plongé dans la consternation les parents des voyageurs. La semaine dernière, le député François était monté au créneau pour lancer un cri de détresse à l'endroit des autorités de Port-au-Prince. Samedi dernier, les proches ont poussé un ouf de soulagement en apprenant par téléphone que les leurs ont pu regagner les Bahamas.

Selon des habitants de la commune de Plaisance joints par téléphone, les autorités de l'archipel sous juridiction britannique ont appréhendé certains de ces immigrants. Néanmoins, la plupart d'entre eux ont eu le temps de prendre la poudre d'escampette.

Ces derniers temps, nombreux sont nos compatriotes à prendre la mer pour essayer d'atteindre les côtes de la Floride. Une aventure toujours périlleuse et qui se termine souvent très mal. La semaine dernière, un voilier ayant à son bord quelque 200 Haïtiens a sombré tout près des côtes de Providenciales, l'une des îles Turks and Caicos. Plusieurs n'ont pas survécu à ce naufrage. Rapatriés jeudi, des rescapés ont accusé les autorités de l'île britannique d'avoir coulé leur navire. Des enquêtes sont en cours afin de déterminer les circonstances entourant cette tragédie.

LA LUTTE CONTRE LA DISCRIMINATION CONTRE LES PERSONNES ATTEINTES DU SIDA

Une petite lumière dans la nuit des PVVIH


Le mémorial Sida à la chandelle sera célébré pour la 8e fois dans le pays le 20 mai. Cette année encore, l'emphase est mise sur la lutte contre la discrimination et la stigmatisation dont sont victimes les personnes vivant avec le VIH/Sida.

« Ce matin, j'élève ma voix au nom de toutes les femmes PVVIH pour dire que nous voulons travailler afin de ne plus compter les cadavres et les personnes infectées. Les années antérieures, le mémorial était célébré au nom des personnes mortes du sida. Cette année, nous avons décidé de célébrer la vie », a déclaré, mercredi, Malia Jean, une PVVIH, lors d'un point de presse au ministère de la Santé publique et de la population.

Mme Malia s'exprimait à l'occasion du lancement du 8e mémorial sida à la chandelle ayant cette année pour thème : « Nap selebre lavi pou n jwenn bout sida ». Initiative de la fondation des Promoteurs objectif zerosida (POZ) en partenariat avec le Centre de communication sur le sida (CECOSIDA), ce mémorial donnera lieu à une série de manifestations du mercredi 16 au dimanche 20 mai 2007. Plusieurs activités définies par un comité multisectoriel composé de membres d'associations de personnes vivant avec le VIH/SIDA et d'autres partenaires du secteur de la santé seront organisées durant ces 4 jours . Cette commémoration vise à sensibiliser la population sur les moyens de diminuer la transmission de cette maladie. On veut également lutter contre la stigmatisation et la discrimination envers les personnes atteintes du sida.

Selon le Dr Eddy Génécé, directeur exécutif du POZ, on espère sensibiliser pas moins de deux millions de personnes. « Ce mouvement vise surtout à mobiliser et obtenir le support des communautés, en particulier les secteurs religieux, les organisations de base et le secteur privé pour une collaboration efficace dans la lutte contre le VIH/SIDA », a-t-il indiqué.

Le ministre de la Santé publique et de la population, Dr Robert Auguste, a invité tous les secteurs de la nation à s'unir en vue de freiner la propagation de cette pandémie et de lutter contre la discrimination à l'endroit des personnes infectées. « Nous demandons aux entrepreneurs, aux églises, aux industriels, aux différents ministères et à l'État en général de contribuer à la réponse aux VIH/SIDA en respectant les droits au travail des personnes infectées et affectées. Nous demandons fortement au personnel de santé de prodiguer des soins sans discrimination et stigmatisation aux PVVIH», a-t-il ajouté.

Le mémorial sida à la chandelle est une journée internationale célébrée, depuis 1982, le troisième dimanche du mois de mai. Depuis 8 ans, cet événement est commémoré à l'échelle nationale. Le port du ruban rouge est encouragé et plusieurs milliers de bougies seront allumées dans différentes églises pour honorer la mémoire des personnes disparues.


Alain Gaillard
gtilain@yahoo.fr

LE PARI DE LA FORMATION CONTNUE ET À DISTANCE...

Le pari de la formation continue et à distance

L'Université Quisqueya (UNIQ), avec l'appui de l'UNESCO et de la CARICOM, a organisé le vendredi 4 mai 2007 une conférence sur l'accès à l'éducation supérieure à distance. Education basée sur les technologies de l'information et de la communication.

« Haïti n'a pas la masse critique de diplômés universitaires pour former des formateurs et des maîtres en nombre suffisant et répondre à la demande sociale d'éducation aux différents niveaux. Face à cette insuffisance du système éducatif traditionnel et au besoin de rattrapage, il faut un accélérateur. Et la formation à distance s'y prête bien ». Propos du vice-doyen de la Faculté des Sciences de Génie et d'Architecture (FSGA) de l'UNIQ, Dr Evenson Calixte. Il s'exprimait lors de la conférence sur l'éducation supérieure à distance organisée par l'UNIQ dans le cadre du Projet CUPIDE (Caribbean Universities Projet for Integrated Distance Education) impliquant cinq (5) universités de la Région monté avec l'appui financier de l'UNESCO, le soutien de la CARICOM et un financement de Japanese Funds-in-Trust for the Capacity Bulding of Human Ressources.

L'UNIQ, Anton de Kom University de Suriname (ADEKUS), l'Université de Guyane (UG), l'Université Technologique de la Jamaïque (UTECH) et l'Université de West Indies sont toutes concernées par ce projet qui aura permis de jeter les bases de l'enseignement supérieur à distance. En Haïti. Des représentants de l'UNIQ, de l'UNESCO (Jamaïque), de la CARICOM, du secteur privé haïtien et du PNUD ont fait le point sur la situation de la formation à distance dans le pays. Ils ont examiné les options disponibles pour Haïti sur la base des leçons de l'expérience des pays du Sud.

« Dès la rentrée de septembre 2007, l'UNIQ va se lancer dans la production de cours en ligne », assure Patrick Tardieu, détenteur d'une Maîtrise dans ce domaine et responsable du Centre de Formation continue et à distance que vient de créer l'UNIQ afin d'offrir et de coordonner des activités de formation à distance destinées aux entreprises privées, aux organismes gouvernementaux et non gouvernementaux. Mais encore et surtout aux clientèles dispersées géographiquement.

Un projet viable

Ahmed Almakari, docteur en linguistique de l'Université Ibn Zohr, du Maroc et détenteur d'une maitrise en utilisation des NTIC pour l'Education et la Formation de l'Université Louis Pasteur de Strasbourg, a animé un séminaire de formation à l'intention des membres du personnel enseignant de l'UNIQ dans le cadre du programme de formation continue à distance dans des universités caribéennes. « La formation consiste à former des enseignants de l'UNIQ aux techniques de la mise en ligne des cours et de l'enseignement à distance » indique Dr Alma Kari qui dit adhérer à l'idée de l'UNIQ qui se veut un pôle de compétence en matière d'enseignement à distance en Haïti.

Wilson Jabouin, Ketty B. Accou (de l'UNIQ) estiment que c'est une entreprise importante à l'heure où le monde va vers les NTIC. « Très bientôt, quel que soit l'endroit où se trouve un étudiant, il pourra suivre les cours de l'UNIQ, selon un modèle synchrone, basé sur la téléprésence. Et qu'utiliserait un système de Visio conférence par l'intermédiaire duquel un enseignant peut dispenser en temps réel son cours à des étudiants à distance » indique Madame Accou comme pour montrer la viabilité du projet susceptible de générer de nouvelles connaissances par la recherche et l'innovation. « La Formation à distance ? Une révolution tranquille dans le domaine de l'enseignement supérieur en Haïti », s'enorgueillit Patrick Tardieu.

Robenson Bernard